#51. ÉLISE, FONDATRICE DE LA MARQUE WE ALL SHARE ROOTS, MAMAN D’ESTELLE ZINHLE

#51. ÉLISE, FONDATRICE DE LA MARQUE WE ALL SHARE ROOTS, MAMAN D’ESTELLE ZINHLE

En ce début du mois de mars, on file direction le Cap, à la rencontre d’Élise, fondatrice de la marque éthique de sacs We All Share Roots, Maman d’Estelle Zinhle.

Je te laisse te présenter…
Bonjour, je suis Élise Sormani. D’origine parisienne, je suis installée depuis 5 ans dans la plus belle ville du monde, le Cap, en Afrique du Sud. Je suis également la fondatrice et dirigeante de We All Share Roots, la marque de sacs à main éthique et colorée « made in Africa ». Heureuse femme de mon mari et Maman d’une petite puce.

Qui est ta fille ?
Ma petite Estelle Zinhle (Zinhle est un nom Zoulou signifiant Beauté) est née au Cap il y a près de 2 ans. C’est une petite brunette pleine d’énergie et tout en sourire. Elle adore manger :  du brocoli aux glaces, tout lui semble délicieux ! Elle aime  jouer, dessiner, aller nourrir les animaux de la ferme située à côté de sa crèche. Elle aime les cabanes, la plage, les cailloux et les bébés.

Quels rapports entretiens-tu avec elle ? 
Nous sommes très proches. Au début, je vivais comme une forte contrainte professionnelle de devoir rentrer tôt pour libérer notre nounou ou pour la récupérer à la crèche. Désormais je savoure ma chance. On a le temps de jouer avant de s’attaquer aux rituels du soir. La plupart de mes amies parisiennes n’ont pas ce temps, j’en suis consciente.

 

Quelle est la chose la plus importante que tu souhaites lui transmettre ?   
Que la vie est belle ! J’ai trouvé une affiche en anglais dans un marché qui recommande de sourire tellement que les autres ne pourront que sourire aussi. J’aimerais qu’elle réussisse à penser positivement. La vie peut être parfois tellement compliquée, j’ai toujours admiré ceux qui regardent en permanence le verre à moitié plein. J’aimerais aussi qu’elle prenne soin de notre belle planète et qu’elle soit généreuse. Enfin, je voudrais qu’elle ait confiance en elle et qu’elle sache s’écouter.

Tu vis au Cap depuis quelques années, comment as-tu atterri là-bas ? 
C’est mon mari qui a eu une opportunité professionnelle. J’étais assez mitigée quand on a pris la décision de partir. J’ai toujours été attirée par l’aventure et les nouveaux horizons (surtout lorsqu’ils sont ensoleillés et en bord de mer) mais cela signifiait aussi pour moi quitter une belle carrière parisienne pour me rendre dépendante financièrement. Mon père étant parti quand j’étais très jeune, nous laissant dans une situation financière et familiale compliquée, je m’étais toujours promis de ne jamais dépendre de personne… Comme quoi, 1- il ne faut jamais dire jamais et 2- il faut savoir saisir les opportunités même quand elles nous mettent « en danger ». J’adore le Cap, c’est une des meilleures décisions que nous avons prise.

Comment a débuté l’aventure We All Share Roots ?
Le Cap est une petite ville de Province où les opportunités professionnelles ne sont pas nombreuses. Au début j’ai cherché à retrouver un poste dans « mes cordes ». Mon précédent poste était à la Direction Générale d’un groupe de recyclage Français. Impossible. J’ai donc fait plusieurs missions pour des ONG puis je me suis dit que j’avais envie d’aller plus loin et d’être plus utile. Au même moment j’ai pris des cours de couture, car j’ai toujours voulu faire quelque chose des mes mains mais n’avais jamais eu le temps ni l’espace pour le faire. Mes premières créations ont été des sacs, et très rapidement les gens m’ont demandé où je les avais achetés. De là je me suis dit que je pourrais peut-être les faire produire dans les townships et générer des revenus là où il y en a le plus besoin. J’ai donc pris ma voiture et mes échantillons et ai sillonné les townships à la recherche de couturières. En parallèle, j’ai commencé à prospecter les boutiques pour mesurer leurs intérêts sur mes premiers sacs. Les retours ont été très positifs, donc je me suis lancée !

Que signifie We All Share Roots ? Pourquoi avoir choisi ce nom ?
We All Share Roots signifie « nous partageons tous les mêmes racines ». Cela vient de plein de choses. Tout d’abord, lorsque j’ai commencé mon projet, nous étions en Novembre 2015, pile en plein drame de Charlie Hebdo en France. Comme beaucoup de monde, ça m’a bouleversée. En parallèle, je vis en Afrique du Sud, un pays au lourd passé racial et inégalitaire et dont les stigmates sont encore bien présents aujourd’hui. Mais c’est aussi un des pays qui a vu émerger les premiers Homo Sapiens. Nous venons donc tous du même endroit, nous sommes tous cousins, ne l’oublions pas, essayons d’avancer dans la même direction, à quoi bon s’entretuer, se détester ou s’opprimer !
Et, avec toutes ces choses en tête, je suis un jour tombée sur un graffiti géant à Cape Town, un arbre entrelacé avec un cœur et une Afrique accompagné de l’inscription « We All Share Roots ». Ça m’a frappé comme l’éclair ! J’avais trouvé le nom de mon future bébé !

Comment sont confectionnés tes sacs ?
Tous nos sacs sont confectionnés à la main par des couturières vivant en milieu défavorisé. Pendant l’Apartheid, on apprenait aux enfants de couleur un métier plutôt qu’à compter. Il y a des milliers de femmes qui savent coudre. Il y avait ici une industrie de la mode assez florissante il y a quelques années, puis l’ouverture des frontières et la mondialisation ont déplacé toutes ces entreprises et ces femmes se sont retrouvées au chômage, sans aucune ressource. J’essaie donc d’apporter ma petite pierre à l’édifice.

Où peut-on trouver tes produits ?
Je vends en ligne sur www.weallshareroots.com mais aussi dans certaines boutiques en France et en Afrique du Sud.

Quels conseils donnerais-tu à toutes celles qui veulent entreprendre à l’étranger mais qui n’osent pas ? 
J’en aurais tellement ! Je dirais que c’est important d’avoir une base financière relativement solide, car on ne peut gagner de l’argent dès les premiers mois. Bon, ça doit dépendre des secteurs, mais dans la mode, il faut pouvoir acheter les matériaux, réinvestir dans la prochaine collection… Mais aussi je pense qu’il ne faut pas avoir peur et se dire que c’est une montagne impossible à franchir. Il y a effectivement beaucoup de choses auxquelles s’atteler, mais il faut les prendre une après l’autre avec calme. Et un jour on se rend compte qu’on est déjà à mi-chemin de la montagne !

POUR TE CONNAÎTRE ENCORE PLUS :
* Une qualité ? Une volonté de fer !
* Une ville ? Cape Town
* Un péché mignon ? Le saucisson
* Un talent caché ? Le jardinage
* Une adresse au Cap ? The Lawns pour un « sundowner », un verre au soleil couchant 🙂
* Les incontournables à faire au Cap ? Surf, Kite, le Cap de Bonne Espérance, les vignobles…
* Un créateur africain ? Pitchulik. C’est une créatrice de bijoux, j’aime beaucoup son univers
* Un plat ? La quiche lorraine de ma Maman et son taboulé !
* Un rêve d’enfant ? Devenir aventurière
* Une couleur ? Le rouge sans hésiter

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